26/12/2009

LE SAPIN...

 fetes244

 

Le jour de Noël, le beau sapin vert

Fut de guirlandes et de boules couvert,

D’étoiles dorées.

Il illumina le salon et puis

Le cœur des enfants, quand avant minuit,

Il fut allumé.

 

On lui mit au pied des tas de souliers

Pour y recueillir des tas de jouets.

Cadeaux et présents...

Et la nuit passa, pleine de joie, de

Chansons, cotillons et rires joyeux,

Et de sentiments...

 

Il était tout fier d’être notre roi

Et ce rôle-là lui allait bien, ma foi !

Et le lendemain,

La fête finie, on le replanta

À deux pas de là, près du réséda,

Dans le grand jardin.

 

Au premier printemps, il y rencontra

Ses amies les fleurs : primevères, mimosas,

Tulipes et pâquerettes...

Il vécut heureux des cris des enfants,

Jouant sous ses bras, verts et accueillants.

Quelle belle fête !

 

Puis ce fut juillet, rempli de soleil.

Notre sapin vert put, quelle merveille,

Protéger du feu,

Qui tombait du ciel, du beau ciel d’été,

Les crânes blanchis et les cheveux des

Jeunes amoureux !

 

Les jeunes amants, aux blondes couleurs,

Qui rêvent d’amour, s’échangent leurs cœurs,

Parlent de futur...

Gravèrent sur lui, au cœur de son tronc,

Des tas de serments, des tas de prénoms,

Sous le ciel d’azur.

 

L’automne est venu, d’un seul coup, d’un seul !

Et le sapin vert s’en trouva bien seul !

Plus de bleu chardon,

Plus de muguet, plus de coquelicots :

À ses pieds, des feuilles, mortes trop tôt,

Jonchaient le gazon !

 

Puis ce fut l’hiver. Et puis deux, puis trois...

Sur notre arbre vert, le temps égrena

Son grand sablier...

Les petits enfants des enfants d’hier

Ont fait des enfants. Et le sapin vert

Aussi grandissait...

 

Tous ont, près de lui, ri, joué, rêvé.

Lui les a choyés protégés...Oui, mais,

Mais avec le temps,

Un jour il devint, le beau sapin vert,

À force d’étés, d’automnes et d’hivers,

Trop fort et trop grand !

 

Il fallut, alors, las, s’en séparer !

Il fut ébranché...Les enfants pleuraient...

Dites-leur qu’un jour,

Du bois du sapin, on a fabriqué

Du beau papier vert, où l’on a gravé

Des serments d’amour !

 

S’il partit un soir par la cheminée,

Ce n’est qu’un retour au ciel mérité,

Au vert paradis !

Au Père Noël, il a dû, là-bas,

Conter son histoire. Mais on n’oublie pas

Le sapin, pardi !

 

Car, pour les sapins, les beaux sapins verts,

Brillants de guirlandes, c’est comme l’hiver,

Comme les Noëls,

Comme la lumière, l’amour, les printemps,

Le soleil, la joie, le ciel et le temps :

Ils sont éternels !

        °°° Jules Renard °°°°

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15:26 Écrit par Chadou dans Amitié | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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